Une adresse partagée n’est pas un projet commun
Le mot coliving promet souvent plus que le contrat : des logements privés, des services mutualisés, quelques événements et la possibilité de rencontrer ses voisins. C’est déjà utile. Mais ce dispositif ne crée pas automatiquement une communauté au sens fort.
Une communauté intentionnelle partage une part du pouvoir, de la responsabilité et du risque. Un coliving peut au contraire être conçu pour que l’opérateur décide, entretienne et organise. Les habitants achètent alors une expérience résidentielle plus sociale, pas une institution à gouverner ensemble.
Le problème n’est pas que le coliving ne soit pas une communauté. Le problème commence lorsqu’il se vend comme telle sans partager le pouvoir qui va avec.
Moins d’engagement peut être une protection
Tout le monde ne souhaite pas consacrer ses soirées à des plénières, arbitrer des budgets communs ou lier son logement à la santé d’un collectif. Pour une personne en transition, nouvellement arrivée dans une ville ou simplement attachée à son autonomie, un modèle de service peut être plus honnête et plus soutenable.
Cette limite protège aussi le conflit : changer de voisin, refuser une activité ou partir ne menace pas nécessairement un investissement foncier, un emploi et tout un cercle social à la fois.
Nommer correctement le niveau de collectif
Entre la résidence avec services et la communauté intentionnelle, il existe un continuum. L’enjeu est de rendre visibles trois choses : qui décide, ce que chacun doit au groupe et ce qu’il risque en partant. Le vocabulaire vient ensuite.
- 01Les habitants choisissent-ils les règles ou peuvent-ils seulement proposer des activités ?
- 02Les espaces communs sont-ils un service inclus ou une responsabilité partagée ?
- 03Le loyer finance-t-il uniquement l’usage, ou donne-t-il un droit sur la valeur créée ?
- 04Refuser la vie sociale a-t-il une conséquence sur le droit de rester ?
- 05Le départ est-il une simple résiliation ou la rupture de plusieurs dépendances à la fois ?